_Pourquoi faites-vous ça ?
Le garde répondit d'une voix nasillarde :
_Ordre de l'empereur, on ne laisse entrer personne ici.
_Oui je suis au courant, rétorqua "Juillet" avec froideur, mais lisez donc ce que j'ai dans ma poche droite de mon pantalon vous verrez bien.
_Ne compte pas sur nous pour te laisser y porter la main, femme !
_Oh, bien sûr que non, faites le vous-même !
Le garde s'approcha et fourra la main dans la poche d'Elizabeth. Il devait y avoir quelque chose car il blêmit d'un coup et en ressortit un papier, légèrement froissé. Il lut à voix haute :
_Je, soussigné, Empereur Regain, autorise ces deux jeunes filles à passer le territoire interdit et ordonne qu'on les laisse tranquille. Elles ont le droit de traverser l'endroit autant qu'elles le veulent. La jeune fille qui porte ce message n'est autre que Elizabeth, la plus puissante sorcière du royaume. Et la deuxième est la prêtresse de la Lune, qui nous a sauvés bien plus d'une fois. Qu'on les laisse dorénavant,
Regain, empereur de l'île dans les airs, etc... Par la barbe d'Inot ! Lâchez-les tout de suite !
Mon garde qui me plaquait au carrelage me lâcha aussitôt et me tendit une main pour m'aider à me relever. Mais j'avais ma fierté et je repoussais sa main et me relevais seule. Du coin de l'oeil, je vis Elizabeth qui hésitait, sûrement tentée de faire la même chose mais saisit la main du garde. Nous repartîmes alors. En chemin, je demandais à Elizabeth :
_Qui est Inot ?
Elle me regarda comme si j'avais annoncé que la terre était une pizza quatre fromage aux lardons. Elle tarda avant de répondre :
_C'est notre déesse principale.
_Une déesse ? m'étonnais-je, je pensais qu'elle avait une barbe !
_Oui, car c'est elle qui a découvert la potion qui permet aux femmes d'avoir des barbes de la couleur de leurs cheveux.
_Quelles femmes voudraient de ça ?
_Beaucoup, je crois, me lança-t-elle avec un sourire.
A ce moment, une jeune femme d'à peu près vingt ans passa devant nous...avec une barbe !
_Mais pourquoi font-elles ça ?
_Souvent parce qu'elles sont recherchées, ou juste pour faire style, répondit-elle.
_Mais on voit bien que ce ne sont pas des hommes! Alors, même si elles sont recherchées par la justice, on doit les reconnaître !
_Oh, non. Celles où on voit parfaitement que ce sont des femmes ne sont pas recherchées ! Par contre, l'homme que tu vois là-bas, murmura-t-elle, ce n'est pas un homme ! C'est Marie Mary, une ancienne femme de chambre, qui a tué sa propriétaire, en l'empoisonnant.
_Et tu ne la dénonces pas ?
_Tu es vraiment pas sympa ! s'exclama "Juillet", en plus elle est vraiment très gentille ! Elle n'a pas fait exprès de l'empoisonner ! Son sucre habituel a été remplacé par du poison !
_Mais alors...Le fautif c'est celui qui a donné le sucre ! m'exclamais-je.
_Bravo, ironisa Elizabeth, tu n'es vraiment pas une lumière toi dis donc !
Je décidais d'encaisser mais je me promis de lui en rendre la pareille un jour.
_Oui, reprit-elle, c'est Hugborn le fautif. Mais jamais il ne se dénnoncera et on a aucune preuve conter lui.
Hugborn devait être le marchand. Mais une question restait dans mon esprit :
_Et sa voix ? D'accord, elle a la barbe, mais il lui manque la voix masculine !
Elizabeth blêmit mais fit celle qui n'avait rien entendu. Pourquoi devenait-elle livide ? C'était une simple question !
_Nous sommes arrivées, m'annonça-t-elle. Voici ta chambre. Reste-y, n'en sors pas.
J'acquiesçait, me demandant pourquoi elle ne voulait pas que je sorte.
_Une servante viendra te chercher vers 23h15. Bonne soirée ! fit-elle ironiquement.
_A quinze sur le coffre du mort ! Yo oh oh ! Et v'là une bouteille de rhum !
Je me retournais brusquement. Un perroquet était en équilibre sur une branche. Il pourquivit sa chanson de marin :
_C'est qu'la boisson et l'diable ont prit les autres ! Yo oh oh ! Et v'là une bouteille de rhum !
Ces chansons, je les connaissais toutes par coeur, pour avoir lu L'île au trésor et d'autre livres, avec ces célèbres chansons.Le perroquet était tout bleu, avec des reflets turquoises et les ailes vertes. Il répéta sa chanson pour mon grand malheur. Il ne fallait décidément pas me rappeler tout ces bons vieux livres auxquels j'étais privée ici ! Je lui criais de la fermer et chose étrange, il s'est tu. Je parcourais alors la pièce du regard. Il y avait une commode, en bois d'if, avec, au dessus, un miroir ovale et un bouquet de fleurs fanées. Il y avait également un grand lit à baldaquin, rose, pour mon plus grand déplaisir. J'eus souhaité qu'il soit plutôt bleu, bleu turquoise. Pile à cet instant, le lit devint bleu, et le rideau autour turquoise.
_Parfait !
Je m'approchais de la commode et l'ouvrit. Des vêtements, surtout des robes, étaient pliés là. Un serviteur frappa à la porte.
_Oui ? C'est l'heure du diner ?
Je regardais ma montre et vit qu'il était seulement 22h58 ! Donc, non ce n'était pas l'heure. L'homme s'approcha et dit :
_Vous devez mettre une de ces robes pour le dîner de ce soir. Choisissez celle qui vous plaira.
Et il reparti. Je sortis donc les trois premières robes et les dépliais. La première avait un décolleté si profond que je l'éliminais de suite. La deuxième était bien trop courte. Et la troisième, si j'essayais de la mettre, je me serais pris les pieds dedans. J'en sortis donc trois autres et la première que je vis me fis monter les larmes aux yeux tellement elle était belle. Son décolleté était, ni trop profons, ni pas assez. Juste comme il faut. Elle était rouge, légèrement orangée vers le haut. Les manches étaient évasées, très évasées. En fait, trop. Je la laissais tomber et saisis l'autre. Elle était noire, longue, sans manches, beaucoup plus sobre, mais pratique pour courir. C'était celle-là que j'allais mettre. Mais pas que ça. Je retournais vers la commode et saisis un débardeur, noir aussi, pour pas qu'on le remarque sous la robe. Il y avait juste un ou deux morifs blancs sur le ventre mais bon, tant pis. Je retirais mon T-shirt rouge et passais celui-là. Je fouillais de nouveau dans l'armoire. Je pris un pantalon noir également et le mis. J'enfilais la robe par-dessus en espérant qu'on ne pouvait pas voir, ni le dévardeur, ni le pantalon. C'était parfait ! Je me dirigeais vers le grand miroir, devanr le perroquet et regardais derrière. Comme je l'espérais, un poignard était là en cas de danger. Je le pris et, avec ma ceinture, je le mit autour de ma cuisse, la où personne n'ira regarder mais où je pourrais le prendre sans problèmes. On ne sait jamais...