Le beau pirate tomba à terre, une balle de fusils entre les yeux. April poussa un hurlement strident tandis que les marins de notre navire prenaient tous leurs sabres, tandis que le bateau adverse nous abordait. Rapidement, nous fûmes submergés, mais pas vaincus. April tira son épée, et se mit à combattre. Elle faisait des ravages. Elle hurla :
_Le livre ! Va chercher le livre ! Elizabeth !
Une balle me frôla la jambe. Je ne criais pas, trop de fierté pour ça, mais une larme de douleur perla aux coins de mes yeux. J'acquiesçais, mais tirais mon épée tout de même. La femme (une femme pirate ? N'est-ce pas contraire à leurs lois ? Enfin, je n'avais pas grand-chose à dire...) qui m'avait tiré dessus (et qui m'avait manqué...) s'avança vers moi, son sabre à la main. Mais elle le jeta à terre. Je me crus sauvée. Mais elle tira son pistolet. Gloups. La cale, il faut que j'aille à la cale ! Pour récupérer le livre ! D'après nos sources, il y était. Dans un coffret de bois jaune. Elle braqua l'arme sur moi, le déclique de la sécurité me faisant comme un coup de poignard au coeur. Je vis ma vie défiler devant mes yeux. Quand j'étais petite, je m'étais reçu un ballon en pleine tête. J'ai ressenti la douleur de ce jour-là. La femme tira. Et April se plaça entre nous.
_NOOOOOOON !!!!!!
Mais ladite balle ne la toucha même pas. La petite boule d'argent fit brusquement demi-tour et vint se ficher dans la gorge de celle qui l'avait envoyé.
_Cours Elizabeth ! Tu dois chercher le livre !
Je courus. Très vite.
_... Et Yoann !
Je ne m'arrêtais pas, et atteignis la cale. Un homme m'agrippa et dit :
_Petite pute tu crois m'échapper ?
Je lui enfonçais mon poing dans le ventre et, sans même avoir besoin de prononcer une parole, lui envoyais un sort qui lui fit perdre la vox. Mais il devait être très fort car il articula, avant de mourir :
_Alors c'est vrai... Tu es la soeur de la fille qui se bat comme le diable... Les Prêtresses de la Lu...
Il ne finit pas sa phrase et poussa son dernier soupir. Quoi ? April et moi, soeurs ? Je le savais au fond de moi, mais comment était-ce possible ? Et nous étions toutes les deux les Prêtresse de... Non, ça je ne pouvais pas le croire. Je me ruais dans la cave, des larmes s'échappant de mes yeux, tout en sachant que je vais trouver le livre et que tout sera fini. Que je ne reverrais plus jamais ma... soeur après cet épisode. Ce serait fini. La cale était sombre et sentait le rhum brûlé. Par la barbe d'Inot, on y avait déjà mis le feu ! Des larmes coulaient de mes yeux à cause de la fumée. Je toussais. Et là, je vis le coffre.
_Oui... murmurais-je, il est là...
Je me penchais au-dessus et m'apprêtais à ouvrir quand une voix m'arrêta. Une voix familière...
_Oh, non, ma poule, ne fais pas ça. Déjà parce que tu auras une mauvaise surprise, et en plus parce que je vais t'en empêcher.
Je me retournais et reconnus tout de suite ces yeux perçants et cette barbe rousse. Cette barbe sur un corps de femme...
_Marie Mary ! M'exclamais-je, mais que faites vous sur ce bateau ? Et pourquoi voulez-vous m'empêcher de récupérer le livre ?
_Je fais sur ce bateau que je suis le capitaine. Et connais-tu mon nom de famille ?
_Le capitaine ? Mais je croyais que c'était le capitaine Feng !
_Eh bien non ! Feng est mon second, il m'aide beaucoup à... torturer. Mais réponds à ma question.
_Non je ne connais pas votre nom de famille. N'est-ce pas Mary ?
_Pauvre idiote, siffla-t-elle, Mary est mon deuxième prénom. Je m'appelle Marie Mary Marine Méduse Rashbanid.
Je n'en croyais pas mes oreilles. Les avais-je mal lavées, ce matin ? Avais-je mal entendu ce qu'elle venait de proférer de sa voix qui, autrefois, me parlais si doucement et là, devenue menaçante ? Je tremblais de tout mes membres. Rashbanid était celui qui avait fait le livre que nous cherchions, "La cité des Nuages et ses misères". Elle était donc sa fille ! Et son quatrième prénom, Méduse, était une Gorgone de la mythologie grecque.
_je n'aime pas la Lune, fit Marie, je n'aime pas Séléné. Et tu es sa descendante !
Elle sortit sa rapière, tandis que je tirais mon épée. Elle engagea le combat. Je n'étais plus moi-même, j'étais la plus nulle à l'épée. Lucan Æstro m'avait donné 12/20 en note alors que April avait eu 18. Elle m'attaqua avec un coup à la tête que j'esquivais d'une quinte. Mais c'est qu'elle pourrait me tuer ! Le combat ne dura pas plus de cinq minutes. Car j'étais très mauvaise joueuse. Et je laissais tomber ma lame. Elle me regarda, étonnée :
_Qu'est-ce que tu veux ? Me battre en clignant des yeux d'un air stupide ?
Eh bien non. J'activais ma magie et elle eut le temps d'apercevoir un éclair bleu la frapper en pleine poitrine. Ses mains s'illuminèrent de noir et m'envoya un sort paralysant, en marmonnant des paroles que je devinais sans problèmes. J'avais une longueur d'avance sur elle puisque je ne prononçais aucune mini syllabe. Elle ne savait donc pas que mon éclair, devenu bleu, allait peut-être la tuer... Je le lui envoyais mais elle se téléporta grâce à un sort compliqué. Je ne sentais plus sa présence sur le navire (devenu une boucherie...) elle avait donc dû chercher autre chose pour m'avoir. Enfin, nous avoir, avec April. J'étais sa s½ur. Sa s½ur. Sa s½ur. Je me retournais vers le coffre, le feu gagnant la partie de la cale où j'étais. J'ouvris la cause de tout nos malheurs et de toutes nos découvertes, terrifiantes et bienfaisantes. Quand je regardais dedans, à partir de cette seconde précise où j'y posais les yeux, il y eut deux mauvaises nouvelles pour moi. Un : le livre n'était pas là, donc Yoann non plus. Deux : une matraque fonçait vers ma tête.